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Un spectacle apprécié de tous.

27 mars 2012
3 min de lecture

Le passage des grandes Étoiles du hockey, regroupant d'anciens joueurs des Canadiens de Montréal à l'aréna Robert-Fournier d'East Angus, restera longtemps gravé dans la mémoire des jeunes et adultes qui ont croisé le hockey avec les grands noms de notre sport national. Les responsables de l'organisme Virage santé mentale se rappelleront également longtemps de ce succès, qui a permis de remplir les coffres de plus de 20 000 $.

L'activité de financement qui se déroulait dans le cadre des festivités du centenaire de East Angus s'est avérée un éclatant succès faisant salle comble. Les joueurs tels Mathieu Dandeneault, Patrice Brisebois, Enrico Ciccone, Jocelyn Lemieux, Richard Sévigny et bien entendu Guy Lafleur entre autres ont été généreux de leur temps en échangeant avec les fans, prises de photos et signatures d'autographe lors d'un 5 à 6 précédent le match.


Pauline Beaudry, directrice générale de Virage santé mentale, organisme voué à la promotion de la santé mentale, la prévention et le soutien aux personnes vivant un déséquilibre émotif, était heureuse du succès obtenu. «Je n'aurais jamais imaginé un tel succès. Ça faisait trois ans que j'essayais d'obtenir Guy Lafleur pour la présidence d'honneur du tournoi de golf et on m'a proposé autre chose. Je me suis ramassée avec une équipe de hockey». L'organisation d'une telle activité était un défi de taille, mais il a été relevé avec succès et avec de l'aide, ajoute-t-elle. Les profits amassés, mentionne Mme Beaudry, serviront à l'agrandissement du local d'East Angus pour y offrir un plateau de travail.


Guy Lafleur


Guy Lafleur, qui faisait office d'entraîneur-chef pour les anciens professionnels, est un habitué de ce genre d'activité. «Pour nous, les événements spéciaux, c'est une façon de venir en aide aux organismes. C'est notre façon de redonner au public qui nous a encouragés lors de notre carrière. C'est un peu notre façon de dire merci». Étant un gagnant dans l'âme, Guy Lafleur mentionne que l'objectif des joueurs est d'offrir un bon spectacle, mais également de gagner.


Contribution

Mentionnons que les joueurs ayant affronté les anciennes étoiles devaient contribuer à l'organisme en versant 500 $ chacun. L'arbitre en chef Martin Maltais a dû verser 300 $ et les juges de ligne, Steve Godbout et Luc Vachon-Gagnon chacun 150 $ quant aux entraîneurs adjoints, Dany et Anthony Langlois, ils ont remis un don de 750 $. Par ailleurs, deux joueurs amateurs, Matthieu Perron, intervenant à l'organisme Virage santé mentale et Steven Roy, ont remis respectivement 1 500 $ se méritant du fait de faire partie de la formation des anciennes étoiles de la ligue nationale.

Aux termes de la rencontre, Steven Roy avait peine à trouver les mots pour décrire son expérience. «C'est spécial! Je ne parlais pas trop, j'écoutais, c'était comme dans un rêve. Guy Lafleur est venu me dire: tu joues à l'aile. Les gars m'ont agacé, ils m'ont donné des conseils. Je vais m'en rappeler toute ma vie», de mentionner celui qui a compté le dernier but du match, soldant le compte par la marque de 15 à 9.


Michel Bédard, qui a gardé le filet pendant la moitié de la rencontre pour les joueurs locaux, était ravi de l'expérience. «C'est impressionnant de voir la vitesse des passes et la puissance des lancers. Au début quand j'ai décidé de participer, j'étais inquiet, mais je ne regrette pas du tout l'expérience». Outre l'ensemble des joueurs adultes, les plus jeunes du hockey mineur se rappelleront longtemps de leur expérience puisqu'ils ont joué pendant près de cinq minutes contre les anciens. D'ailleurs, leur participation a donné un coup de pouce aux plus grands, car ils ont contribué à réduire l'écart du pointage entre les deux formations. Enfin, Zacharie Godbout a chanté l'hymne national accompagné au saxophone par Élisabeth Saint-François.


Photo

Nous retrouvons lors de la mise au jeu officielle Robert Roy, maire de East Angus, et Jean-Claude Dumas, maire de Weedon, qui faisaient office d'entraîneurs pour la formation locale, Pauline Beaudry, directrice générale de Virage santé mentale, Jean-Pierre Ménard, propriétaire du Centre du Rasoir au Carrefour de l'Estrie, président d'honneur ainsi que Mathieu Dandenault et Marc Pilon.


Pierre Hébert

Journal Le Haut Saint-François





 
 
 

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Virage Santé mentale

Virage Santé mentale

Le virage de Pauline Beaudry

26 février 2025, 17 h 15 min, par: Scott Stevenson

Seule, sans emploi et avec neuf enfants à la maison, en 1999, Pauline Beaudry apporte une cinquantaine de CV aux employeurs potentiels à Sherbrooke. Le dernier est à la Maison Saint-Georges, un centre de réadaptation en dépendances et santé mentale. Pauline n’a aucune formation dans le domaine, et elle n’aime pas ce qu’elle voit en rentrant. Elle décide en sortant de ne pas travailler là. 

Aucun employeur ne l’appelle, sauf… la Maison Saint-Georges, pour une entrevue. Elle n’a pas le choix, elle accepte de faire l’entrevue, toujours décidée, par contre, à ne pas travailler là. 

« Je pense que, de toute ma vie, c’est l’entrevue que je me suis sentie la plus minable. Dans ma tête, je ne veux pas être là. Je suis en face de lui, puis il me demande : “Connaissez-vous la santé mentale?” “Pas ben, ben.” Tout ce qu’il me posait comme question : “Pas vraiment. Pas ben, ben. Pis, pas vraiment…” Tu sais, la fille qui veut pas la job… » 

 

« Deux semaines après, il me rappelle. T’es pas sérieux! Mais, je n’ai toujours pas d’emploi. Il dit : “Mme Beaudry, on dirait que vous ne voulez pas la job”. » 

« J’ai dit : “Vous êtes tellement gentil et respectueux, je ne peux pas mentir. La santé mentale, je ne connais pas ça, puis je ne me sens pas à l’aise là-dedans. Mais j’ai besoin d’une job, vous comprenez le dilemme.” Le directeur rit et dit : “Mais j’aime tellement votre personnalité. Vous êtes vraiment attachante.” » 

Pendant l’entrevue, à l’extérieur du bureau, « il y a eu une crise entretemps; deux usagers. Écoute, ça gueulait l’autre bord ». Le directeur, Réjean Coates, dit: « Allez-y, Mme Beaudry, c’est un test. Allez-y! » pour régler le conflit. 

 

Évidemment, Pauline a réussi, a eu la job; et le reste, c’est de l’histoire… Une histoire avec un grand impact dans le Haut-Saint-François. 

« Réjean Coates voyait des choses en moi que je ne voyais pas. Ça fait que pour moi, la santé mentale, je ne me verrais pas ailleurs. 

« J’avais des tabous. J’ai réalisé que comme personne, moi-même, j’en avais des tabous par rapport à la santé mentale. Puis en plus, j’avais peur de ces gens-là. Puis, à travailler là, j’ai réalisé, mon Dieu, à quel point que, ce n’est pas croyable, sincèrement, je n’ai jamais vu des personnes avec autant de reconnaissance pour qu’est-ce qu’on fait pour eux. » 

« J’ai appris à connaître la santé mentale, premièrement, puis j’ai fait la part des choses entre l’être, la personne et la maladie de la personne. Et c’est là que j’ai réalisé que la personne n’est pas schizophrène, n’est pas bipolaire. Elle est, Pauline Beaudry, et j’ai la maladie…, mais je ne suis pas [la maladie]. » 

 

Une carrière dévouée 

Pauline a travaillé de 1999 à 2003 à la Maison Saint-Georges et a pris un deuxième emploi, comme intervenante, à Virage Santé mentale en 2001. Après deux ans avec deux emplois et neuf enfants à la maison, elle a été avertie par son médecin qu’elle devait arrêter de brûler la chandelle « aux trois bouts ». 

En 2006, elle a remplacé le directeur de Virage à l’époque, Raymond Beaunoyer, et elle célébrera ses 24 ans à Virage Santé mentale cette année, lors du 40e anniversaire de l’organisme. 

Pauline se dit fière de l’expertise qu’elle et Virage ont développé au fils des ans, dans le domaine du deuil en particulier, mais aussi en estime de soi, réinsertion sociale et entendeurs de voix. Virage était le premier organisme local dans le Haut-Saint-François à offrir des services régionaux, de dire Pauline. 

Elle est aussi contente de l’effet de leur travail sur la conscience publique. « Quand je suis arrivée ici, la santé mentale, c’était très, très, très tabou. Ça s’est amélioré », dit-elle. 

 

Toujours des tabous 

« Mais c’est quand même encore un tabou. Pas autant qu’avant, mais la santé mentale, on dirait que ça fait peur… surtout les problèmes plus sévères. Là, il y a beaucoup de préjugés. » 

Avec ses bureaux à Weedon et à East Angus, Virage Santé mentale a aussi beaucoup évolué. Pauline dit qu’en 2001, leur budget était d’environ 90 000$, venant seulement du Programme de soutien aux organismes communautaires du Gouvernement du Québec, mais aujourd’hui, il est aux alentours du triple de ce montant.  

En 2023-2024, Virage a servi 295 personnes différentes, avec 4995 présences à des activités et services, comparé à 50 ou 60 personnes en 2001. 

« On donne plus de services », dit-elle. La seule chose qui manque et qu’elle aimerait voir naître est un centre d’hébergement dans le Haut-Saint-François pour femmes en santé mentale. « Je l’ai toujours un peu en tête », dit-elle.  

 

Et sa retraite? 

Vous avez peut-être entendu Pauline parler de retraite. Elle dit que des fois, l’idée est pour plus tôt que tard, mais là, c’est pour « plus tard ». 

Ce que Réjean Coates a vu en 1999, Pauline Beaudry a commencé à comprendre d’elle-même rapidement dans son travail en santé mentale.  

« Quand j’ai quitté la Maison Saint-Georges, ce sont les gens que je côtoyais au quotidien qui me manquaient le plus. Dès la première année que j’ai travaillé à la Maison Saint-Georges, même pas un an après que j’ai commencé, je me disais en moi : “T’es donc ben nouille! Comment ça t’as eu peur de venir travailler icitte?” J’étais comme une autre personne dans mes pensées. » 

Dans le cadre du mois de l’histoire des femmes, madame Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stansted, souhaite souligner le parcours de femmes qui se démarquent par leurs implications, leurs actions, et qui contribuent à un monde meilleur et a choisi notre directrice générale, Pauline Beaudry.

Hommage aux femmes canadiennes qui, à travers le temps, font avancer leurs droits et encouragent l’égalité des genres. 

𝗣𝗮𝘂𝗹𝗶𝗻𝗲 𝗕𝗲𝗮𝘂𝗱𝗿𝘆

Mère monoparentale de huit enfants, madame Beaudry fait, en 1993, un retour sur les bancs d’école. Rien n’est simple dans sa course à l’obtention d’un diplôme. Responsabilités, obstacles, santé défaillante, arrivée d’un 9e enfant et fausse couche lui rendent la tâche quasi surhumaine. Armée de courage et de détermination, elle atteint pourtant son objectif : l’obtention de son baccalauréat.

Il lui faudra 1 ½ an, diplôme en main, avant de trouver sa place au sein de l’équipe de Virage Santé Mentale. Depuis 2001, madame Beaudry a fait de cet organisme une référence dans la région.

Sa mission? Tendre la main, donner au suivant.
Pauline Beaudry est une femme dont la bonté marque le 🧡 de celles et ceux qui croisent son chemin.

Bravo Pauline!

Un gros merci à Marie-Thérèse Lebeau, éducatrice spécialisée au CLSC, pour nous avoir remis le 2000 $ que Bell faisait tirer dans le cadre de l'émission de radio Copilote pour l'été à Rouge.

Présent à l'émission de radio: En comment par la gauche, 
Carmen Maillé (membre du C.A.), Marie-Thérèse Lebeau, Véronique Lacroix (membre du C.A.) et Francis Manseau (intervenant social).

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